Cybersécurité et réalité virtuelle : retour sur la 4è Journée Régionale de la Cybersécurité à Tours
Le jeudi 11 juin 2026, l'université de Tours a accueilli la 4e Journée Régionale de la Cybersécurité en Centre-Val de Loire, organisée par CybeRéponse. Cette édition avait pour thème général l'approche de la cybersécurité comme un objet juridique, avec notamment une table ronde intitulée “Cybersécurité, droit et justice : comment se préparer ?”.
Parmi les temps forts de cette édition, nous avons eu l'opportunité d'animer un atelier de sensibilisation et de formation à la cybersécurité par la réalité virtuelle. Un format que nous explorons depuis plusieurs mois dans cette série d'articles, et qui s'inscrivait ici dans une logique bien précise : celle de la formation obligatoire, l'un des leviers concrets pour répondre aux exigences de responsabilité qui pèsent désormais sur toute organisation, quelle que soit sa taille. Nous avons confronté ce format à un public bien particulier : des chefs d'entreprise inscrits via la plateforme CybeRéponse, venus chercher des solutions concrètes face à un risque qu'ils connaissent souvent de loin, sans toujours savoir comment l'aborder, ni quelles obligations légales y sont attachées.
Cet article revient sur cette journée : le contexte de l'atelier, ce que nous y avons proposé, et surtout ce que nous en retenons après avoir présenté notre solution à des DSI, dirigeants et décideurs venus évaluer, depuis l'intérieur d'un casque VR, ce que la réalité virtuelle pourrait apporter à la formation cyber de leurs équipes.
Notre atelier de sensibilisation et de formation à la cybersécurité par la réalité virtuelle s'inscrivait précisément dans cette logique de formation obligatoire des équipes face au risque cyber.
CybeRéponse : un public déjà engagé dans une démarche
Les chefs d'entreprise présents à notre atelier ne sont pas arrivés par hasard. Ils s'étaient inscrits en amont via CybeRéponse, le dispositif régional d'accompagnement et d'orientation pour les entreprises confrontées à des problématiques de cybersécurité, qu'il s'agisse de prévention ou de gestion de crise après une attaque.
Ce point change tout dans la dynamique d'un atelier. Contrairement à un public captif venu "parce que c'était au programme", ces dirigeants avaient déjà fait un premier pas : celui de reconnaître que la cybersécurité méritait du temps et de l'attention. Notre rôle n'était donc pas de convaincre, mais d'aller plus loin, leur donner une expérience concrète et mémorable de ce que représente une faille de sécurité, vécue de l'intérieur plutôt que racontée.
L'atelier cywizVR : transformer ses collaborateurs en première ligne de défense
Sur le programme de la journée, notre atelier était positionné sur le créneau de 14h à 17h, sous l'intitulé “Cybersécurité immersive, transformez vos collaborateurs en 1ère ligne de défense”. La présentation officielle résumait ainsi la démarche : avec l'atelier CywizVR, vivre une expérience immersive en réalité virtuelle pour former aux bons réflexes cyber, renforcer la prévention et rendre la sensibilisation plus concrète, avec un apprentissage intensif, de courte durée, mais vivant et mémorable.
Concrètement, l'atelier se déclinait en sessions de 20 minutes qui se sont succédé tout au long de l'après-midi, permettant à un maximum de participants de vivre l'expérience malgré un temps limité, au point que les créneaux affichaient complet bien avant la fin de la journée.
La formation, un axe juridique trop souvent sous-estimé
L'obligation, pour l'entreprise, de former ses équipes à la sécurité numérique reste encore floue pour beaucoup de dirigeants. Elle devient pourtant un élément déterminant en cas de litige ou de contrôle : avoir formé ses collaborateurs, et pouvoir le démontrer, change la nature même de la responsabilité de l'entreprise.
La réalité virtuelle s'est ainsi présentée comme une réponse concrète à cette exigence : un format de formation court, traçable, et surtout suffisamment marquant pour ne pas rester une simple case cochée sur un registre de conformité.
Un format pensé pour un public non technique
L'un des principaux défis de cet atelier tenait à la nature du public : des chefs d'entreprise, rarement experts techniques, souvent gestionnaires avant tout, et pour beaucoup, néophytes complets en matière de réalité virtuelle. Il fallait donc concevoir une session courte, sans jargon, où le casque VR devient un outil de compréhension plutôt qu'une barrière technologique supplémentaire.
Concrètement, chaque participant était plongé dans un scénario reproduisant une situation professionnelle courante : réception d'un email suspect, comportement d'un collaborateur face à une demande inhabituelle, ou encore conséquences visuelles et immédiates d'une intrusion sur un poste de travail. L'objectif n'était pas de "piéger" les participants, mais de leur faire ressentir, en quelques minutes, ce qu'ils ne perçoivent habituellement qu'à travers des statistiques ou des articles de presse.
De la sensibilisation... à un début de formation
Ce qui distingue cet atelier d'une simple démonstration, c'est sa double vocation : sensibiliser, bien sûr, mais aussi amorcer une dynamique de formation. Avec un temps limité, 20 minutes par session, l'essentiel tenait dans le format lui-même : c'est l'immersion qui fait le travail, là où une présentation classique aurait demandé bien plus de temps pour produire un effet comparable.
C'est précisément cette innovation qui constitue, selon nous, la clé d'un format de démonstration efficace pour ce type de public. Le casque ne forme pas le dirigeant lui-même : il lui permet de ressentir, en quelques minutes, ce que vivront ses équipes, et de créer le déclic qui rend la décision de déployer ce type de formation légitime à ses yeux.
POINT DE VUE TERRAIN
Ce qui frappe en animant ce type d'atelier devant des chefs d'entreprise, c'est l'écart entre leurs attentes initiales et leur réaction une fois le casque retiré. Beaucoup arrivent avec une certaine distance, presque de la curiosité polie pour un outil qu'ils associent au jeu vidéo plutôt qu'à leur quotidien professionnel. Cette distance s'efface généralement très vite.
Plusieurs participants ont spontanément fait le lien avec une situation vécue récemment dans leur structure, un email douteux reçu par un salarié, une alerte ignorée, un mot de passe partagé un peu trop facilement. L'expérience VR a agi comme un révélateur, donnant un cadre concret à des intuitions ou des inquiétudes jusque-là diffuses.
On retrouve ici une dynamique déjà observée lors de nos précédents ateliers, mais avec une intensité particulière propre à ce public : les dirigeants ne se projettent pas en tant qu'utilisateurs finaux, mais en tant que décideurs, capables d'évaluer, en quelques minutes, si cet outil pourrait convaincre et marquer durablement leurs propres équipes. Cette posture donne à l'expérience immersive une portée stratégique différente de celle observée auprès d'apprenants ou d'étudiants.
Au-delà de ces échanges, les retours recueillis à chaud ont été unanimement positifs. La grande majorité des participants ont indiqué avoir apprécié l'expérience et l'avoir trouvée pertinente au regard de leurs préoccupations professionnelles. Plus surprenant encore : même ceux qui découvraient la réalité virtuelle pour la toute première fois, et qui auraient pu se sentir déstabilisés par l'outil lui-même, ont salué la clarté du scénario et la facilité avec laquelle ils s'y sont projetés. Un signe encourageant pour la suite : la technologie, loin d'être un frein, s'est effacée derrière le message qu'elle portait.
Cette participation à la 4e Journée Régionale de la Cybersécurité de Tours confirme une tendance que nous observons depuis le début de cette série, notamment dans nos articles "Du PowerPoint à l'expérience apprenante" et "La réalité virtuelle n'est pas un gadget" : la réalité virtuelle n'est pas seulement un outil de formation technique réservé aux experts. Placée cette fois dans le cadre d'une journée consacrée à la cybersécurité comme objet juridique, elle a montré qu'elle pouvait aussi répondre à une obligation très concrète, celle de former ses équipes, tout en restant un formidable levier de sensibilisation pour des publics éloignés du sujet, dont les dirigeants de petites et moyennes entreprises.
Le dispositif CybeRéponse a permis de réunir un public déjà en mouvement vers une meilleure prise en compte du risque cyber et de ses implications légales. L'atelier VR, de son côté, a transformé cette intention en expérience vécue, un premier pas concret vers une véritable culture de la sécurité, et vers le respect d'une obligation de formation trop souvent reléguée au second plan.
A RETENIR
• La formation en VR repose sur l'expérience vécue plutôt que sur la théorie : le collaborateur ressent une situation à risque au lieu de simplement en entendre parler.
• Le format est court, 20 minutes par session, et n'exige aucune compétence technique ni expérience préalable de la VR.
• L'immersion crée un effet mémoriel fort : les réflexes acquis restent ancrés bien plus durablement qu'avec une présentation classique.
• Ce type de formation répond à l'obligation, pour l'entreprise, de sensibiliser ses équipes aux risques cyber, un point qui peut s'avérer déterminant en cas de litige.
• L'expérience immersive agit comme un déclencheur de décision, première étape vers le déploiement d'une formation cyber pour les salariés de l'entreprise.
FAQ — La VR comme outil de formation cyber pour les équipes en entreprise
La réalité virtuelle est-elle adaptée à un public non technique ?
Oui, et c'est même l'un de ses principaux atouts. Contrairement à une formation théorique, la VR ne demande aucune compétence informatique préalable : l'expérience repose sur le ressenti et la mise en situation, ce qui la rend accessible à tous les collaborateurs d'une entreprise, quel que soit leur poste.
Quelle est la différence entre sensibilisation et formation dans ce contexte ?
La sensibilisation vise à faire prendre conscience d'un risque, tandis que la formation vise à transmettre des compétences pour y faire face. L'atelier proposé combine les deux : l'immersion crée la prise de conscience, et l'échange qui suit pose les bases d'une démarche de formation plus structurée.
Un atelier VR de quelques minutes peut-il vraiment changer les pratiques d'une entreprise ?
Un atelier seul ne suffit pas à transformer durablement les pratiques, mais il peut déclencher une prise de décision : mettre en place une charte interne, organiser une sensibilisation pour les équipes, ou solliciter un accompagnement plus poussé. C'est souvent ce déclic qui fait la différence.
En quoi la formation à la cybersécurité constitue-t-elle un enjeu juridique pour l'entreprise ?
Au-delà de la dimension technique, former ses équipes à la cybersécurité s'inscrit dans une logique de responsabilité du dirigeant. En cas d'incident, pouvoir démontrer qu'une action de formation a été menée peut influer sur l'appréciation de la responsabilité de l'entreprise. C'est précisément l'angle sous lequel notre atelier VR a été présenté lors de cette journée consacrée à la cybersécurité comme objet juridique.
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